Anxiété

L'anxiété est un symptôme psychologique qui résulte de la rencontre de nombreux facteurs biologiques et sociaux.


Dans un contexte naturel, l'anxiété est une réaction normale à des situations à risque, un message du système nerveux permettant de se mettre en action pour contrer un risque, par exemple faire du feu avant la tombée de la nuit pour éviter des attaques de prédateurs.
L'anxiété pathologique est celle qui ne permet pas d'agir. Les grands anxieux ont souvent la réaction inverse : une sidération, une incapacité à agir face au danger réel. Ils peuvent aussi avoir des craintes injustifiées.

Comme pour tout trouble de santé, l'anxiété est issue de l'interaction de nombreux facteurs. Voici les principales pistes pour combattre l'anxiété pathologique, qui auront leur effet maximal si elles sont toutes travaillées en parallèle.
 

La part sociale

Dans notre société, les risques sont complexes, permanents et beaucoup plus abstraits que ce à quoi nous sommes bien adaptés : on ne risque pas de mourir dans la minute, mais de perdre sa place dans la société, de subir du harcèlement quotidien, de perdre en confort matériel, etc.
Ainsi il est difficile d'évaluer la pertinence d'une peur, et encore plus de savoir comment agir au mieux pour gérer le risque.
Le contexte de surpopulation humaine dans lequel on ne peut pas fuir la société sans aller se cacher dans des lieux où la survie est impossible en autarcie fait que la pression sociale est décuplée par rapport à ce que vivaient les humains du paléolithique : on ne peut plus simplement s'exiler, il faut être intégré. On ne peut plus fabriquer un arc et chasser son gibier, il faut acheter sa nourriture. On ne peut plus fabriquer sa cabane, il faut payer un terrain et des impôts.
Toutes ces contraintes favorisent l'anxiété sociale, la peur légitime d'avoir de mauvais rapports avec les humains qu'on cotoie.
On ne peut pas beaucoup agir sur ce plan là, mais parfois un choix de vie peut être vital, comme changer de travail ou rompre une relation toxique. Il s'agit d'analyser clairement la situation pour voir ce qui est anxiogène, les avantages et inconvénients de chaque option, etc. puis d'agir en conséquence. Je sais, je répète le mot agir... vous verrez plus bas pourquoi!
 

La part biologique

Nous naissons tous avec des prédispositions, des facteurs biologiques innés qui influencent notre psychologie. La tendance à l'anxiété en fait partie. Ca, on n'y peut rien.

Par contre on peut jouer sur des facteurs biologiques importants, c'est le domaine de l'hygiène de vie.
Tout ce qui vient perturber le fonctionnement optimal du corps peut révéler des faiblesses qui pourraient ne pas se voir autrement : manque de réponse à des besoins physiologiques (carences en nutriments, manque d'activité physique, manque de contacts physiques...) et pollutions (drogues alimentaires, air pollué, electrosmog...). C'est par ce biais qu'on a le plus de chances de favoriser sa santé physique et psychique au long terme.

Toutes les drogues anxiolitiques (benzodiazépines, gluten, caséine du lait, alcool...), sont utilisées consciemment ou non pour atténuer l'anxiété alors qu'elles l'augmentent : toute action artificielle pour abaisser l'anxiété sans toucher aux causes de l'anxiété provoque finalement une réaction inverse à celle souhaitée. Lorsqu'on bloque régulièrement une réaction naturelle du corps, celui-ci augmente sa réaction pour dépasser le blocage, c'est pourquoi l'effet de la drogue diminue peu à peu (accoutumance). Ainsi si on stoppe le traitement, l'anxiété est bien plus forte qu'avant le traitement. On ajoute juste une dépendance et de la toxicité aux troubles présents.
Ces drogues sont tout de même intéressantes en prises ponctuelles rares pour des évènements difficiles, ou sur une courte période pour faciliter la mise en place d'une véritable prise en charge des causes de l'anxiété.

D'autres drogues sont directement anxiogènes mais compensent par un effet stimulant confortable : caféine, ritaline, glutamate... En augmentant artificiellement les capacités sur le moment, elles peuvent diminuer l'anxiété temporairement, mais il s'agit là de se doper : on épuise plus vite ses capacités, on renforce donc les troubles de l'attention et de l'adaptation. Ces drogues n'ont d'intérêt que ponctuellement, lorsque la stimulation est nécessaire à un investissement rentable pour la santé, par exemple pour se concentrer chez le psy ou établir un plan d'action. Leur utilisation doit être compensée par du repos les jours suivants.

 

La part psychologique

Ce qui semble systématique chez les grands anxieux dans mes observations, c'est la croyance qu'ils ne peuvent pas gérer les risques, et du coup la fuite de leurs responsabilités face à ces risques : ils ne cherchent pas les causes des difficultés qu'ils rencontrent, ils cherchent une autorité qui leur dira ce qu'ils doivent faire.

C'est une réaction adaptée quand on est enfant : la meilleure façon de répondre aux attentes des parents n'est pas de chercher les meilleures solutions à un problème, mais de faire ce qu'ils veulent qu'on fasse. A l'âge adulte, dans l'idéal on devient cette personne responsable à qui on se réfère, qui décide et qui gère, mais parfois cette transition n'est pas facile et ne se fait que partiellement.

Il s'agit alors pour l'adulte anxieux d'un apprentissage difficile qu'il lui faut d'abord accepter de faire : ne plus chercher d'autorité extérieure mais devenir son propre "parent", décider soi-même de tout ce qui nous concerne.

Des conseillers peuvent être très aidants, si l'anxieux ne leur attribue pas un rôle d'autorité, s'il a conscience que c'est lui-même qui doit décider de quels conseillers il choisit et de ce qu'il choisit de faire de chaque conseil.
Un bon psychologue, spécialisé par exemple en TCC, devrait pouvoir aider dans cette voie en rappelant systématiquement à l'anxieux que c'est lui qui décide tout en lui proposant des outils, et en l'aidant à clarifier ses propres opinions et désirs.
Le risque est de tomber sur des psychologues qui feraient du 2, enneatype qui pousse à se rendre indispensable pour l'autre, avec le risque de donner à l'anxieux ce qu'il demande (une autorité) et non ce dont il a besoin (s'autonomiser).

En apprenant à gérer soi-même sans s'en remettre à une autorité extérieure, l'anxieux pourra peu à peu se rendre compte qu'il est capable de gérer et voir son anxiété diminuer au fur et à mesure que son expérience augmente.
Demander de l'aide peut faire partie de cette gestion, gérer ne veut pas dire se débrouiller seul mais prendre la responsabilité de ses actes, décider de ce qu'on fait.

L'ennagramme évoqué ci-dessus peut aussi apporter beaucoup pour clarifier ses propres opinions et désirs, en apprenant à se connaître intimement grâce à une grille de lecture fiable. En cas d'anxiété sociale, il peut aussi beaucoup  aider à comprendre les autres pour savoir comment agir avec eux.
 

La part "psychosomatique" : le lien corps/esprit

Loin de toutes les fadaises qu'on raconte sur la psychosomatique, il existe une réalité tangible : l'esprit est une production de la biologie en prise avec l'environnement matériel et social. Nous avons appris à refuser la biologie, nier nos instincts et garder en permanence notre mental actif, ce qui favorise tous les troubles psychologiques et physiques.

Certaines pratiques favorisent le rééquilibrage des rôles entre les systèmes nerveux volontaire et autonome : méditation/sophrologie/hypnose pleine conscience, yoga, cohérence cardiaque... Elles peuvent agir très efficacement sur l'anxiété, même si elles demandent beaucoup d'efforts au départ : plus on en a besoin, plus c'est dur!

La méthode TIPI est certainement au top des méthodes pour l'anxiété, elle rend au corps sa capacité d'agir sur les émotions fortes sans passer par le mental.

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