Jeûne

Pourquoi jeûner?     Plate

Guérir, c’est laisser le corps s’autoréparer.
 
Aucun médicament ni remède naturel n’a jamais guéri, seul le corps se guérit lui-même en se nettoyant et en se réparant, par des mécanismes incroyablement complexes dont la médecine ne connaît qu’une part infime. Il faut donc laisser faire, et la meilleure façon de laisser faire, c’est le jeûne thérapeutique : au repos le plus complet possible, sans perturbations, sans pollutions et surtout sans stress.
Les maladies commencent souvent dans l’intestin et on ne le laisse jamais au repos... imaginez mettre une rustine sans descendre de vélo, il ne faut pas s’étonner si on galère! Pour cette raison et des tas d’autres, le jeûne est la seule voie de guérison intéressante, à condition de ne pas le faire n’importe comment.
 
Le sommeil est le mode maintenance du corps. Le jeûne au repos, c’est le mode gros travaux.
On peut s’en passer toute sa vie, si on a la chance de rester en assez bonne santé pour bien fonctionner avec la maintenance de base. Quand on a une maladie chronique en revanche, chaque jour passé sans faire les travaux nécessaires nous éloigne de la santé.
 
Le jeûne long (plus de 3 jours, mais une personne en bonne santé peut jeûner un mois sans soucis) provoque la cétogenèse (http://vivresante.e-monsite.com/pages/aliments/cetogene.html), un changement hormonal, un changement de l’expression des gènes, la mort des cellules qui doivent mourir, la régénération des organes (dont de nouveaux neurones!), le repos de tout le système digestif, une relance du système immunitaire, un remaniement du microbiote. Tout ça favorise la guérison, quelque soit la maladie qui est toujours multifactorielle : interaction entre génétique, micro-organismes, parasites, toxiques, stress, carences en besoins vitaux dont affectifs etc.
Quelques preuves des mécanismes du jeûne ici : http://nomana.free.fr/public/je%FBne-Biocontact_juillet-aout_2016.pdf
 

Est-ce dangereux?

Sans aucune idée des règles de base, oui ça peut l’être. Avec quelques bonnes informations, ça ne l’est plus du tout.
Les détracteurs du jeûne citent des cas de grève de la faim ou de jeûnes menés sans aucun discernement... Et ignorent les milliers de témoignages facilement accessibles sur les bienfaits du jeûne thérapeutique.
Les promoteurs du jeûne peuvent tomber dans l’excès inverse et oublier les précautions nécessaires. De plus les écrits sur le jeûne datent souvent d’époques où les gens avaient de meilleures réserves d’éléments vitaux et beaucoup moins de toxiques accumulés.
Le jeûne est un outil puissant, il peut être violent si on ne suit pas les règles de base et sera juste incroyablement bénéfique si on les suit.
 
Trois cas sont particulièrement compliqués :
 
- En cas de forts désordres psychiques ou de troubles du comportement alimentaire, il ne faut se lancer que si on est sûr de savoir respecter l’ensemble des règles. Dans le doute, se contenter du jeûne intermittent. Les troubles psychiques étant en grande partie liés à la dysbiose intestinale, il me semble préférable de commencer le jeûne par une purge complète qui peut aider à calmer les compulsions alimentaires et les comportements impulsifs.
 
- Quand on est en sous-poids par manque d’assimilation, le jeûne est probablement la meilleure façon de reprendre enfin du poids (en réparant le système digestif), mais on a moins de graisse à brûler et de nutriments en réserve. Dans ce cas il me semble spécialement important de commencer par des jeûnes très courts, jusqu’à ce qu’une légère reprise de poids indique qu’on peut aller plus loin.
 
- Quand on est très sujet aux hypoglycémies réactionnelles : si on tombe dans les pommes dès qu’on recule un repas. Dans ce cas mieux vaut d’abord mettre fin au yoyo glycémique le temps de récupérer : https://www.facebook.com/encephalomyelitemyalgique/posts/1332255056920205
 
Le jeûne intermittent, consistant à ne faire qu’une prise alimentaire par jour, est généralement très facile et permet d’avoir une première expérience. Avant d’envisager un jeûne de plus de 24h, il vaut mieux se préparer, surtout si on souffre d’une maladie chronique. Préférer une approche progressive : des jeûnes très courts au départ et de plus en plus longs pour connaître ses propres réactions et habituer son corps à cette fonction normale qu’est l’utilisation de ses réserves.
 

Quand commencer un jeûne?

- Jamais avant d’être convaincu, rassuré, à l’aise avec l’idée du jeûne. La peur crée un stress qui perturbe les processus de guérison et le métabolisme normal, elle est réellement dangereuse en jeûne. Préférer la solitude à un entourage stressant durant le jeûne. Le jeûne hygiéniste en centre est envisageable, il peut apporter un encadrement apaisant et soutenant, mais il est plus risqué qu’un jeûne autonome bien préparé : on est moins à l’écoute de son ressenti et moins au repos quand on est dans un groupe et/ou sous supervision. Les cliniques Buchinger en Allemagne et en Suisse sont intéressantes mais on n’y pratique pas vraiment le jeûne, c’est une cure de bouillons, tisanes et jus.
 
- Après s’être largement renseigné sur les bienfaits, les risques, les méthodes, les symptômes. J’essaie de concentrer ici toutes les informations nécessaires, mais rien ne vaut la confrontation de plusieurs sources d’information. Quelques sources intéressantes : http://future.arte.tv/fr/le-jeune-une-nouvelle-therapie-0?language=fr ; https://www.youtube.com/watch?v=od7IxoknVHE ; https://www.youtube.com/watch?v=P-4PTxmbYVg ; http://jeune-et-sante.forumcanada.org/ ; http://jeune-et-randonnee.pagesperso-orange.fr/Ehret.pdf ; http://www.parolesdedieu.fr/wp-content/uploads/2015/03/Le-jeune-Shelton.pdf ; http://www.truthseekerz.com/Albert_Mosseri_-_Le_jeune-texte.pdf
 
- Après avoir longuement apporté à son corps ce dont il a besoin par de la vraie nourriture, saine, pleine de tous les nutriments : du bio, de la verdure fraiche et crue, des produits animaux sains (viande rouge et poissons gras, au minimum des oeufs mollets : banc cuit, jaune cru), un peu d’oléagineux crus ou d’huile de colza extraite à froid. https://www.facebook.com/groups/vivrepaleo/permalink/1917378818549845/ Avec une alimentation industrielle on n’a aucune réserve en nutriments, le corps est alors mal équipé pour le gros travail qui s’enclenche en jeûne. Plus on se nourrit sainement au quotidien, plus le jeûne sera facile et pourra travailler en profondeur.
 
- Après avoir évité au maximum les polluants : tabac, alcool, café, médicaments, sucres raffinés, additifs alimentaires, céréales, laitages, viande malade, solanacées, légumineuses non trempées etc. Plus on accumule les toxiques, plus on risque de passer son jeûne en violente crise d’élimination.
 
- Pendant un temps de repos complet : WE, congé. Le jeûne accomplit ses tâches de réparation et de nettoyage si on lui en laisse l’énergie. Les jeûnes en activité peuvent être épuisants et ne soignent pas les troubles profonds.
 
- Pour les femmes, les règles pourraient indiquer le meilleur moment car elles servent d’émonctoire supplémentaire (évacuation des déchets).
 

Comment se préparer pour faire un bon jeûne?

- Manger hypotoxique voire paléo et faire le plein de vitamines, minéraux, acides aminés bien équilibrés et graisses variées non transformées, au moins pendant la durée qu’on a prévue pour le jeûne. Cette phase est essentielle. [On conseille souvent de diminuer les quantités de nourriture peu à peu, je n’en vois pas l’intérêt.]
 
- Si on ne traite pas son eau du robinet, acheter au moins pour le jeûne et la reprise une eau la moins néfaste possible, peu minéralisée en magasin bio.
 
- Préparer de quoi reprendre d’urgence, plutôt en cétose, en tous cas avec des aliments, hypotoxiques uniquement et aucune drogue (cf reprise). Un pot d’huile de coco ou de miel suffirait pour racheter des aliments frais, mais en cas de faiblesse à la reprise mieux vaut avoir quelques aliments sains au congélo.
 
- Faire tout ce qu’on peut pour limiter au maximum toutes les formes de pollution durant le jeûne (ou pour toujours!) : http://vivresante.e-monsite.com/pages/causes-des-maladies/pollutions.html
 
- Si on a des soucis intestinaux (microbiote, constipation, etc.), il me semble intéressant de faire une purge en début de jeûne long (avec quelques grammes de vitamine C pure). La purge doit rester exceptionnelle, mais en jeûne elle facilite le travail de nettoyage et réparation qui doit se passer dans les intestins. Lavement et hydrothérapie du colon ne vident qu’un petit bout du tube digestif et ne sont pas moins agressifs.
 

Comment mener son jeûne?

- Se mettre au repos le plus complet possible et éviter tout stress, accueillir la faiblesse qui peut survenir et la prévoir (selon les cas un proche présent, un aliment à son chevet au cas où, un téléphone pas loin, une chaise dans le couloir, prendre son temps quand on se lève etc.). Cette faiblesse n’est pas un problème, elle montre que le corps apprend à utiliser sa fonction d’utilisation des réserves graisseuses, et/ou qu’il passe bien en mode réparation.
 
- Etre prêt à couper le jeûne à la moindre difficulté pour mieux reprendre plus tard, car c'est (seulement) en s'entêtant qu'on se met en danger, et ça pourrait être vraiment grave.
 
- Si on doit prendre un traitement il faut y apporter une grande attention : son effet peut être décuplé, il faudra sûrement le diminuer et bien surveiller ses effets durant le jeûne et la reprise alimentaire... il est possible qu'après la dose puisse rester diminuée.
 
- Certains recommandent le mouvement et les aides à la détox comme le brossage à sec. Je pense qu’il faut limiter au maximum tout ce qui utilise de l’énergie. Si l’on a des douleurs de stagnation (un peu comme des courbatures), on peut faire une balade courte et lente.
 
- Boire à sa soif, ni plus ni moins.
 
- Favoriser la détente, pourquoi pas faire de la sophrologie/méditation/hypnose pleine conscience, de préférence avec un guide audio pour ne pas y mettre d’énergie.
 

Que se passe-t-il normalement durant le jeûne?

La plupart des occidentaux n’ont jamais été en cétogenèse, ils auront alors ce qu’on appelle la “keto flu” en plus des effets normaux du jeûne : à 2-3 jours de jeûne le corps n’a plus que des réserves de graisses dans lesquelles il n’a pas l’habitude d’aller chercher. On peut alors se sentir très faible et avoir d’autres symptômes le temps que le corps réactive cette fonction naturelle.
C’est une des raisons pour lesquelles il est important d’être au repos et de ne pas faire de suite de très longs jeûnes.
La sensation de faim disparait généralement à 2-3 jours, plus tôt avec l’entrainement.
On peut se sentir faible et avoir froid car le corps met l’énergie dans la réparation et l’élimination. Les capacités intellectuelles peuvent aussi être au repos, ce n’est pas le moment de cogiter.
On a différents signes d’élimination : langue blanche, nausée, urine chargée, douleurs, sensation de malaise, sommeil perturbé, boutons, pellicules etc. En général on n’a pas de selles mais on urine même en jeûne sec (un jeûne sans eau, controversé, réputé plus efficace mais plus risqué).
Souvent on est d’excellente humeur, très zen.
On peut au contraire être impatient, s’ennuyer. Dans ce cas mieux vaut s’occuper, mais dans une activité qui demande très peu d’énergie : méditation, livre, TV, musique.
 

La reprise alimentaire, partie intégrante du jeûne

Reprendre l'alimentation sans attendre :
- si on a des symptômes très gênants : hypothermie (<35°), nausée forte, douleurs empêchant de dormir, troubles cardiaques au repos, nervosité, angoisse, insomnie de plus de 36h, absence d'urines, faiblesse si forte qu’on ne peut pas aller aux toilettes etc.
- si la faim revient : elle disparait généralement à 2-3 jours, si ensuite une forte envie de manger revient il faut en tenir compte pour ne pas risquer de s’affamer. Un déficit en un seul nutriment peut être néfaste, ce n'est pas qu'une question de calories disponibles. Pour reconnaître les différents types de faim : https://www.facebook.com/groups/1788102954810766/permalink/1914943312126729/
- si la langue redevient rose
La reprise alimentaire comprend autant de jours que le jeûne, durant ce temps là il est nécessaire d’éviter tout polluant et de résister à toute drogue (tabac alcool café thé cacao céréales laitages sucres raffinés additifs solanacées), car on y est plus vulnérable (et on risque de renforcer, raviver ou même créer une addiction).
 
Il peut y avoir une reprise de l’élimination et des symptômes associés, il vaut donc mieux prévoir la reprise dans le temps de repos!
 
Reprendre avec des aliments très sains, au plus près du bio d’avant les labels : produit frais et brut, qui a vu tous ses besoins remplis et n’a été en contact avec aucun produit chimique.
 
La reprise doit être progressive, avec de petites quantités au début. On recommande souvent des jus (non pasteurisés) puis des aliments de plus en plus consistants. Fruits, bouillon de légumes et/ou d’os, bouillie cellulosique (une soupe avec beaucoup de fibres), chacun a sa version mais celles-ci entrainent parfois une reprise boulimique.
 
Tous les glucides étant très addictifs, l’ancienne proposition de Thierry Casasnovas me semble être la meilleure option : reprendre en gardant la cétogenèse grâce à une grande grande majorité de graisse.
Ca permet d’augmenter l’apport calorique très progressivement sans difficulté. Pour ça on peut prendre en priorité : tisane à l’huile de coco, avocat, noix de coco, salades vertes dans beaucoup de vinaigrette maison, légumes verts légèrement cuits dans beaucoup de ghee, graisse animale ou huile de coco, bouillons d’os, poissons gras sauvages (maquereau, sardine, hareng)... L’essentiel est de répondre à ses besoins.
Si on a tendance à être carencés dans certains nutriments, ce sont les premiers à reprendre.
 
On peut en profiter pour garder de bonnes habitudes : un seul repas par jour, plutôt en mode paléo LCHF (tout bio, sans céréales ni produits laitiers ni légumineuses, peu de glucides, beaucoup de lipides, plein de verdure).

 

Date de dernière mise à jour : 11/04/2018

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