Bienveillance et solidarité

Pourquoi la bienveillance est-elle prioritaire sur toute autre approche de la vie en société?

Tout simplement parce que ce sont les jugements négatifs et les interactions sociales désagréables qui provoquent les actions stupides et égoïstes.

Prenons un exemple commun. Une personne inconnue vous bouscule dans la rue. Si aussitôt elle se retourne vers vous, s'excuse avec emphase et vous demande avec inquiétude si elle ne vous a pas fait mal, vous ne ressentirez pas du tout la même chose que si elle continue sa route en vous lançant un "Regarde où tu marches!" accompagné d'une insulte grossière. Tout le monde réagit différemment, mais la grande majorité aura envie de se montrer très agréable dans le 1er cas, et dans le second très désagréable. Ce qui compte, c'est si on s'est senti respecté.
C'est aussi simple que ça. Depuis la violence physique jusqu'au militantisme contre la violence, tous les choix ont un rapport avec la façon dont on se sent traité par nos congénères.

Quand on écoute des personnes qui font du mal autour d'elles, ce qu'on entend c'est "j'ai jamais été considéré", "eux on les aide et pas nous", "personne a voulu me filer de boulot", "ma vie c'est la misère", "j'ai pas de père", "on m'a pas fait de cadeaux", "si tu réussis pas t'es que dalle" etc. De la petite délinquance au grand banditisme, la recherche est la même: se sentir valable. Les genqs qui se sentent rejetés par la société se retournent contre elle pour se sentir accepté ailleurs ou se valoriser comme "seul contre tous". De l'insulte au meurtre, la violence répond à un besoin de rétablir son image, de réagir face au manque de respect, de considération... de bienveillance.
Quand les racistes vont bien, ils n'ont pas besoin d'aller dénigrer, discriminer, harceler, voter contre l'étranger, ils vivent leur vie sans se chercher d'ennemi. Quand les ultra-riches vont bien, ils peuvent penser à redistribuer, alors que s'ils se sentent mal dans leurs pompes ils voudront toujours plus de pouvoir pour montrer qu'ils valent quelque chose.

C'est pourquoi tout militantisme contre quelque chose ou quelqu'un risque de renforcer la violence du camp adverse.
Attention, je ne dénigre pas le militantisme en général. Le militantisme est essentiel : il permet de sensibiliser, mobiliser, informer sur des problématiques auxquelles la majorité ne réfléchirait pas d'elle-même. Mais dès qu'il se place en antagonisme contre des gens, ce qui est souvent le cas, il participe à renforcer ce qu'il dénonce, en braquant des gens qui se sentent accusés (d'avoir une voiture, de manger chez mac do ou de voter FN par exemple).

Tout ça pour en venir à la bienveillance sans conditions : on oeuvre pour faire diminuer toutes les injustices et toutes les violences avec une attitude positive, valorisante, chaleureuse, et par l'acceptation des défauts des autres. Ce qui ne signifie pas qu'on doive tendre l'autre joue ou feindre d'être d'accord avec n'importe quoi, mais qu'on se défende en préservant l'estime de soi des autres.

 

Définition

Etre bienveillant, c'est difficile. On n'a pas appris ça, et on ne sait pas bien ce que ça veut dire.

Etre bienveillant, c’est d’abord ne pas nuire. Si une personne ne fait rien qui te nuise, tu n’as rien à lui reprocher! En vouloir à quelqu’un d’être, de faire ou de penser différemment, s'il ne fait de mal à personne à ce moment-là, c’est d’emblée sortir de la bienveillance.

Concrètement, ça veut dire par exemple qu’on n’a pas à traiter différemment une personne d’origine africaine… mais aussi qu’on n’a pas à traiter différemment une personne raciste! On juge le comportement, pas la personne. Et si on doit évidemment prendre parti quand on est témoin d’une violence pour ne pas être complice (dans ces cas là, qui ne dit mot consent!), ce n’est pas pour accabler l’auteur de la violence, mais uniquement pour protéger la victime. J'ai déjà entendu des accusations de violence sans victime, là on ets dans le pur imaginaire. (Exemple réel : "Ne dis pas "ta gueule", c'est spéciste!". Les animaux ayant une gueule n'ont aucune idée du caractère spéciste de l'expression, ils n'en sont absolument pas victimes.)

Etre bienveillant, c’est aussi se montrer ouvert et chaleureux vis-à-vis de toute personne, sans attendre les atomes crochus. Ca ne veut pas dire qu'on doive faire semblant, juste qu'on n'a pas de raison de faire la gueule à une personne sous prétexte qu'on ne la connait pas ou qu'on ne l'apprécie pas spécialement.

C’est surtout réagir à l’agression (réelle ou perçue) sans renvoyer de l’agression. Il ne s’agit pas de se laisser marcher dessus, mais de définir des limites avec assertivité, sans animosité : non pas "casse-toi pauv’con", mais plutôt "tu n’as pas le droit d’être là, merci de respecter les limites". Il y aura toujours quelqu'un pour dire "tu ne veux pas me laisser rentrer chez toi, c'est me manquer de respect", il est seul responsable de son interprétation. Mais l'insulter, quoi qu'il ai fait, c'est effectivement lui manquer de respect. Je vous recommande vivement les vidéos de Laurent Martinez sur youtube pour bien faire ces distinctions.

En fait pour être réellement bienveillant, il faut partir du principe que la personne fait de son mieux et que ses comportements gênants ne sont que des symptômes de ses difficultés psychiques, comme on le fait avec un enfant hyperactif ou trisomique, ou avec une personne qui souffre d’Alzeihmer par exemple. Il n'y a aucune raison autre que culturelle pour qu'on punisse le turbulent alors qu'on excuse tout à l'hyperactif.

Ca n’est vraiment pas facile, alors il faut aussi être bienveillant envers soi-même : se pardonner à soi-même ses limites en s’autorisant la colère, mais pas nourrir la haine ou le ressentiment en cherchant des justifications.
Dans certains cas, l’exclusion sera le comportement le plus bienveillant, car il protègera tout un groupe des nuisances d’un individu qu'on ne peut pas empêcher autrement. En revanche on a l’habitude qu’une exclusion soit accompagnée d’agressivité, de médisance, de ragots, et ces comportements là sont à éviter.

Etre bienveillant, c’est aussi accepter l’autre sans conditions a priori, sans projeter sur lui ses préjugés et ses attentes. User de contrats peut être difficile à mettre en place, mais cela évite bien des malentendus. Une charte de groupe concise est un bon moyen de se mettre d’accord sur ce qu’on attend les uns des autres, et par contraste, tout ce qu’on n’aura pas à reprocher parce que ce n’était pas dans l’accord.

La bienveillance commence toujours par soi-même : si on est dans une attitude de sacrifice, on se place en position de future victime (du manque de reconnaissance, de la non réciprocité quand on en a besoin, de trop de demandes...), obligeant l’autre à devenir bourreau malgré lui, tôt ou tard. Ca n’est pas bienveillant! Il est bon de donner, mais seulement ce qu’on a plaisir à donner même sans la moindre reconnaissance. Si on donne plus, on est responsable de ses propres réactions aux retours ou aux absences de retour qui nous déplaisent ensuite.

Les relations toxiques, sujet très à la mode, sont effectivement en explosion. Les « personnes toxiques », ne sont toxiques que dans la dynamique d’une ou plusieurs relations, elles font du mal parce qu’elles vont mal et elles ne peuvent pas nuire qu’à quelqu’un est impliqué dans la relation, et donc qui a sa part de responsabilité.
Il peut être nécessaire de s’en désengager, voire de couper les ponts totalement, mais si on tombe dans une forme de vengeance ou de médisance, alors on devient « la personne toxique » dans la relation.

L’attachement à une personne qui nous fait du mal est le signe qu’on a une problématique à travailler en développement personnel, et peut-être un besoin à combler avec d’autres personnes plus aptes à y répondre. C’est ça aussi, la bienveillance : reconnaître ses propres besoins, ce à quoi nous sert la relation dysfonctionnelle, et rétablir la justice à la fois en reconnaissant à l’autre ce qu'il nous apporte et en prenant soin de soi.

Attention aussi aux comportement passifs-agressifs : sans forcément s’en rendre compte, les personnes qui évitent le conflit peuvent décharger une colère rentrée dans des attitudes très déstabilisantes (faire le mort, laisser croire une chose fausse en n’étant pas clair, faire des promesses en l’air, changer de numéro sans le dire et se plaindre qu’on ne nous appelle plus, etc.)

De très loin le meilleur outil à ma connaissance pour gagner en bienveillance envers les autres comme envers soi-même : l’enneagramme, une cartographie complète et complexe des personnalités humaines.

Respecter les croyances?

Souvent dans les milieux se revendiquants bienveillants, circule l'idée qu'être bienveillant implique de ne pas chercher à convaincre.
Ainsi, par un jeu subtile de bonnes grosses distorsions de la réalité, m'a-t-on dit par exemple qu'il était méchant de chercher à convaincre des militants anti-mariage pour tous de fiche la paix aux personnes homosexuelles. Pas mal, hein?

Dans mon entourage, il y a des personnes qui croient en la réincarnation, en un dieu, en un paradis, en l'astrologie, etc... Je n'ai jamais tenté de les faire changer d'avis, pourquoi le ferais-je?

En revanche si une personne me dit que pour être en pleine forme il ne faut plus manger que des radis, je tenterai de lui faire changer d'avis parce que cette croyance est dangereuse pour sa santé.
Et si une personne me dit qu'il est bon de péter la gueule aux arabes aux cas où ils seraient djihadistes, cette croyance est dangereuse pour les arabes.
Là je caricature, pour me faire comprendre.

Ce site ne sert qu'à une chose : donner les moyens aux gens de gérer au mieux leur santé. J'ai pu constater que la difficulté n'était pas d'expliquer un point de vue, mais d'enlever la grosse couche de croyances qui empêchent les lecteurs de s'intéresser aux informations et de construire un point de vue personnel logique.

Les croyances ne sont pas un problème en elles-mêmes, l'imagination est bien l'espace de liberté le plus sacré au monde. Mais quand des gens prennent des décision qui impliquent d'autres personnes en se basant sur des croyances plutôt que sur une interprétation la plus objective possible de la réalité, alors ces croyances sont l'ennemi public numéro un. [Pas les croyants! Il ne s'agit pas de juger les croyants, qui sont de bonne foi. Il s'agit encore moins de punir, mais juste de permettre un changement.]

Or dans de nombreux domaines des croyances utilisées comme bases de décision font un mal épouvantable.
Et la santé est un domaine très touché par cette façon de faire. Qu'on prescrive des médicaments toxiques pour traiter des symptômes anecdotiques ou qu'on conseille le végétalisme à vie, le principe est le même : on bousille la santé des gens pour la seule raison qu'on ne s'intéresse par à la réalité.

Evidemment il faut respecter certaines limites, ne pas tomber dans le harcèlement... ce qui de toutes façons serait totalement contre productif. Mais s'interdire d'argumenter lorsqu'on nous dit une contre-vérité, c'est cautionner la croyance et ses conséquences.

Alors oui, je respecte les croyances... qui respectent les humains.
Pas l'inquisition qui détruit des civilisations et crame des nanas, pas l'application aveugle des injonctions de l'industrie pharmaceutique, pas les violences (de toutes formes) racistes sexistes homophobes etc., pas les votes contre 99% de la population et pour leur oppresseur, bref... pas les croyances qui font du mal!

Etre bienveillant, c'est aussi ne pas mentir par omission quand il serait bon pour l'audience qu'on dise ce qu'on sait.

Méfiance

Outil indispensable à la survie, servant à se protéger des dangers potentiels, notre méfiance est on ne peut plus adaptée… à des conditions de vie qu’on n’a plus depuis 10 000 ans.

On rencontre de plus en plus de cas où cette méfiance est mal adaptée à notre vie : confiance dans des institutions néfastes (par exemple le ministère de la santé, qui soutient les intérêts des industries pharmaceutiques, elles-mêmes dépendantes de notre mauvaise santé), méfiance exagérée envers les gens qu’on côtoie, et plus généralement choix absurdes des critères de confiance.

Si on nous changeait d’environnement, imaginons par exemple qu’on intègre une population extra-terrestre sur laquelle on ne sait strictement rien, nous aurions plus facilement des réflexes appropriés :

  • chercher à savoir qui veut quoi, pour voir si chaque individu rencontré va plutôt nous utiliser ou nous aider, nous manipuler ou nous dire ce qu'il pense vraiment

  • recouper toute information qui nous est donnée avec d’autres points de vue et chercher les failles de logique

  • rester prudent tout en explorant pour connaître et comprendre notre environnement

  • décortiquer les croyances qui déforment la façon dont les informations nous sont rapportées

Si on faisait ça dans notre monde, on se méfierait de tout ce qui est diffusé par les médias dominants (financés par et pour les multinationales qui peuvent chercher le profit au détriment du bien-être de la population), on serait moins méfiants envers nos proches, on chercherait bien plus à découvrir les choses par soi-même et à recouper les informations contradictoires, etc.

Pourquoi ces dysfonctions?

  • La civilisation a remplacé la vie tribale. Dans une tribu, tous les individus sont touchés de près par tout ce qui arrive à chacun des membres. Dans ces conditions, seuls des psychopathes peuvent se réjouir d’être riches quand d’autres meurent de faim, car les malheureux sont juste sous leurs yeux en permanence. Inversement, les pauvres ne supporteraient pas d’avoir sous le nez un riche qui s’accapare toute la nourriture. Nous n’avons pas été équipés pour nous méfier de cette distance, alors qu’elle est extrêmement dangereuse.

  • La densité de population, qui a explosé avec l’agriculture et la révolution industrielle, empêche de se connaître les uns les autres. Dans un petit village, un escroc est vite démasqué et connu de tous. Dans une grande ville, il peut passer sa vie à nuire dans l’anonymat. 

  • Les médias de masse sont des outils de propagande qui influencent la façon dont les gens pensent, entre autres ce en quoi ils placent leur confiance. Par exemple, le journal télévisé est considéré comme très important par la majorité de la population alors qu’il ne donne d’informations réellement pertinentes pour une personne qu’une fois sur des centaines. Et ce même JT choisit des faits divers qui donnent des idées totalement disproportionnées des risques réels.

  • Le cerveau humain est prévu pour se méfier de la nouveauté. C’est le meilleur moyen de ne pas dégrader un bon apprentissage. Mais quand on a appris des mensonges et des croyances infondées, il est très difficile de les remettre en cause.

La culture mondialisée nous pousse à faire confiance aux personnes les moins dignes de confiance (les puissants, qui le sont parce qu'ils sont avides de pouvoir et indifférents au sort de la population) et nous divise en nous poussant à manquer de confiance dans la parole de nos proches, à ne pas se rendre service par peur de le regretter (par exemple on ne prête pas sa voiture au cas où il y aurait un accident), à ne pas être empathiques au cas où on nous mentirait, à ne pas collaborer bénévolement parce qu’on surévalue les contraintes, à croire qu’un professionnel est plus fiable qu’un bénévole, etc.

Sans tomber de l’angélisme, le bon sens veut qu’on se fasse plus confiance pour s’allier contre le vrai fléau de notre époque : l’exploitation de 99% de la population par quelques ultra riches, qui serait totalement impossible si on s’alliait.

 

Confiant ou pigeon? Aidant ou bonne poire?

La confiance est difficile à établir!

Quand on confie de l’argent à sa banque, on sait qu’il y a très peu de risques qu’elle ne nous le rende pas. Avec une personne physique, c’est bien plus compliqué : on ne sait pas évaluer le risque, et on ne sait pas comment s’en sortir en cas de problème.
On peut se rassurer avec des moyens de pression, légaux ou non, qui peuvent régler la question et rendre le prêt assez sécuritaire : une reconnaissance de dette signée, un chèque non encaissé, un objet précieux en gage, des campagnes de dénonciation publique prévues en cas de problème, etc. [Précisions sur les prêts entre particuliers : http://www.leparisien.fr/economie/se-preter-de-l-argent-entre-proches-c-est-possible-20-09-2011-1616393.php%5D

Mais dans la plupart des cas il suffira de bien définir ce qu’on est prêt à donner sans prendre de risques : faire le chauffeur plutôt que prêter sa voiture, donner l’argent plutôt que le prêter, apporter des aides qui ne présentent pas de risque.

Se pose alors la question du « trop bon trop con » : suis-je prêt à donner sans attendre de retour? Là est tout l’enjeu de l’altruisme réel
La générosité désintéressée, ça n’existe pas. Je ne plaisante pas! C’est une grande erreur que d’y croire. En revanche l’altruisme existe. L’altruisme sert l’altruiste, en lui donnant de quoi se sentir utile, apprécié, reconnu, valable, etc. Même un acte altruiste totalement secret sans le moindre témoin sert à renforcer l’égo de l’altruiste : il y trouve un intérêt personnel. Et il n’y a rien de mal à ça!

Décider de donner, que ce soit du matériel ou de l’immatériel, c’est soit de l’échange, soit de l’altruisme. Une personne qui se plaint de n’avoir pas eu de remerciements n’est déjà plus dans l’altruisme, elle se sent lésée parce qu’elle avait prévu un échange. Il n’y a rien de mal à échanger, c’est toujours mieux que vendre! Il faut juste être clair sur son intention.

Pour rétablir des actes réellement altruistes, qui ne se retourneront pas contre le donneur et/ou le receveur, il faut un contrat : se mettre bien d’accord sur ce qui est donné et sur la contrepartie attendue, sans oublier tout ce qu’on croit automatique. Par exemple pour la plupart des gens, prendre un rdv est un engagement, mais d’autres croient que c’est une option… Préciser les attentes et les conséquences peut éviter des déconvenues.

Que ce soit pour déterminer les aides utiles, décider de les donner ou non, ou se mettre d’accord sur le contrat d’aide, ça demande énormément de communication sincère… ce qui n’est possible qu’avec une communication bienveillante, où on n'a pas peur de s'exprimer sincèrement.

 

Répondre aux besoins psycho-sociaux

L’humain est un animal extrêmement sociable et inventif. En résultent des besoins psychosociaux très importants.

La culture mondialisée tend à les négliger et même les exacerber. A la télé on nous vend du rêve, de la richesse, de l’amour, du sexe, etc. Dans la vraie vie on n’ose rien dire ni faire d’original par peur de la critique omniprésente, on restreint toute tendresse à l’enceinte du couple par convention sociale, on se coupe de nos parents pour être mobiles et indépendants, on change de boulot de plus en plus souvent, etc. Tout ça empêche de compenser le stress.

Le stress est un facteur majeur de toute maladie, qui perturbe même la guérison d’une fracture! Et celui-ci ne cesse d’augmenter. A la fin de la seconde guerre mondiale, les 30 glorieuses ont commencé, et les jeunes de l’époque ont cru que leurs enfants vivraient mieux qu’eux.
Mais depuis 1973, « la crise » sert d’excuse pour masquer la réalité : la voracité sans fin des ultra riches entraine une pauvreté permanente jusque dans les pays les plus riches de la planète. Les personnes en fin de carrière aujourd’hui ont vu le chômage et le sous-emploi se décupler, entrainant un grand stress durant les études puis au travail et dans toute période de transition. Ce sont les plus jeunes qui sont le plus au chômage, en plus de n’avoir pas pu économiser ni acheter leur logement. http://www.observationsociete.fr/travail/chomage/evolutionduchomage.html

Bref, il faut agir!

Pour mieux supporter tout ça, il y a des outils individuels qui fonctionnent très bien : la méthode TIPI, la méditation/sophrologie/hypnose pleine conscience, les psychothérapies cognitivo-comportementales, l’analyse transactionnelle, etc.

Mais le meilleur moyen est collectif : il faut multiplier les conditions permettant de se ressourcer.
Avec des gens bienveillants, accueillants, ouverts, peu importe ce qu’on fait, ça fait du bien. A défaut de mieux, il vaut souvent mieux s’enivrer et fumer dans une ambiance chaleureuse plutôt que manger sainement seul ou dans une relation stressante…
Dans l’idéal, on peut faire de la méditation, des massages, des balades en forêt en groupe bienveillant, sans manger ni boire ni fumer etc. pour ne pas perturber l’hygiène de vie.

 

Gratuité

L'économie du don est la seule alternative réelle au capitalisme.

J'aime beaucoup les Systèmes d'Echanges Locaux (dans lesquels on utilise une monnaie virtuelle), les monnaies alternatives (qui relocalisent l'économie), l'économie sociale et solidaire etc., mais tout ceci est en fait indexé sur le dollar.
Le système capitaliste récupère tout, et avec brio. Il encourage toutes les initiatives altruistes, du moment qu'il peut se servir au passage. Et il le fait. Toute transaction est taxée, c'est aussi simple que ça.
Les SEL sont très prudents car on peut leur réclamer des taxes dès qu'un échange est régulier ou important. Dès que c'est rentable les donations sont taxées, les prêts aussi. Les associations à but non lucratif ne sont exonérées d'impôts commerciaux que lorsqu'elles ne prennent pas de clients à une entreprise, entre autres containtes! On peut toujours décider de proposer gratuitement ou à prix coûtant ce que d'autres font payer cher, mais alors on paye plus en taxes qu'en salaire et matériel.
 

Les taxes, pour payer les hôpitaux et les écoles?

Il est difficile de dépasser la croyance en l'Etat Providence, en particuliers dans les pays ayant un important système de "protection sociale" comme la France. 

En réalité, ce système est (aujourd'hui en tous cas) un système de vente forcée, ni plus ni moins. 
La différence est juste dans la finalité : un véritable système de protection sociale servirait l'intérêt des usagers, tandis que l'existant sert les intérêts de l'industrie. 
Il faudrait plusieurs livres pour démontrer comment chaque décision de chaque "service public" sert l'industrie et non l'usager... Ils existent déjà. Me viennent spontanément comme références les économistes atterrés, le professeur Even, l'émission cash investigations, le film Le monde de la faim, le livre Toxic story, les décroissants, Franck Lepage et les conférences gesticulées, etc.

Pour moi le point essentiel est la dette publique : la France, sans être le moins du monde exceptionnelle à ce titre, a pour deuxième dépense la charge de la dette, c'est à dire de l'argent donné sans aucune contrepartie aux banques. http://www.financespubliques.fr/articles/debats/actualites/charge-de-la-dette-pour-2017-quels-enjeux/ 

Il ne s'agit d'un prêt que parce que les législateurs français ont voté une loi pour s'interdire à eux-même de fabriquer leur monnaie : ils ont réellement vendu leur pays à la finance. La charge de la dette, ce sont des intérêts. La dette elle-même est impossible à rembourser. Comme pour les agios d'un particulier, les intérêts payés n'ont aucune contrepartie, et ne remboursent pas la dette. Sans compter tous les moyens détournés (vente forcée, marchés publics, pots de vin etc.), à lui seul le service de la dette oblige quiconque paye des impôts ou des taxes à enrichir les ultrariches.

C'est le cas quand on fait ses courses, quand on travaille comme salarié, quand on travaille à son compte, quand on embauche, quand on paye son loyer, quand on paye sa taxe d'habitation, etc. 

Et plus ça va, plus on paye ce qui était gratuit : les crèches, restaurants et services à domiciles ont remplacé la femme au foyer [la question féministe est un autre sujet tout aussi important], le marché a remplacé le potager, la maison de retraite a remplacé la maison familiale, la location a remplacé la propriété, l'assurance a remplacé la justice, les sites de rencontre ont remplacé le bal populaire, le smartphone a remplacé le guichet, etc.

Même les bénéficiaires d'allocations et autres revenus non liés au travail participent : la circulation de cet argent permet de taxer encore plus les travailleurs indirectement. Un contribuable subventionne l'Etat en gagnant de l'argent, en payant ses impôts, en utilisant l'argent gagné. Un allocataire fait payer à la fois son revenu et les taxes sur ses achats au contribuable. Sans parler de ceux qui travaillent à gérer les allocations, fliquer les allocataires, faire des actions de réinsertion, tout ça étant payé par le contribuable sans qu'il ait eu son mot à dire sur la dette : c'est de la pure extorsion.

Bref... pour lutter contre les violences des ultrariches sur la quasi-totatlité de la planète, le plus important est de limiter les subventions indirectes que nous leur offrons généreusement tous les jours. Nous ne pouvons pas juste arrêter de payer, le système est trop bien ficelé. Mais nous pouvons mettre des limites.

Ainsi le don d'argent, de matériel ou de main d'oeuvre est le seul moyen d'offrir une véritable alternative qui ne profite pas au système.
Pour rester dans la légalité et ne pas risquer de représailles, ce don doit être limité (non imposable) et dénué de toute réciprocité (contrairement à l'échange marchand soumis à l'impôt).

Ca implique d'accepter de donner sans savoir si on recevra... Pas évident, quand on a déjà du mal à boucler les fins de mois financièrement, quand on est déjà épuisé, quand on est en carence affective, etc... Mais il n'y a pas le choix!
Les ultrariches n'ont plus aucune limite, leur nombre et leur richesse ne cesse d'augmenter au détriment des autres, et si nous ne faisons que souffrir, ailleurs d'autres en meurent, tous les jours.

Il nous faut réapprendre la solidarité, la vraie! Celle qui n'attend pas de retour et n'exclue pas, qui concerne aussi bien le poivrot raciste que le bobo pas pauvre, qui ne vérifie pas les revenus et les maladies, qui ne s'accompagne ni de pitié ni de mépris, qui n'implique pas de soumission ni de sympathie.

Nous sommes en guerre économique, et nous sommes dans le camp des perdants. 
La seule chose raisonnable à faire, c'est résister. Pour ça il faut comprendre les règles du jeu, sacrifier le superficiel et donner tout ce qu'on peut à la cause. 

Chacun peut donner régulièrement un peu d'argent, de matériel, de forces, de connaissances ou d'écoute pour son camp, à n'importe qui ne faisant pas partie des véritables exploiteurs, les ultrariches. Pour devenirs forts et résister efficacement il faut être en bonne santé, et pour ça tout ce qui répond à un besoin est un petit plus.

Bienveillance et solidarité sans conditions sont les fondements même d'une lutte réelle.

 

 

Date de dernière mise à jour : 10/05/2018

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