Végétalisme

Le végétalisme est-il bon pour la santé?

Très influencée par le milieu naturo, j'ai commencé cette quête avec un a priori anti-viande, pourtant ma conclusion est favorable à une consommation quotidienne de produits animaux de qualité suffisante.


Un régime végétalien doit être strictement compensé.
Le végétarisme est un compromis très imparfait, autorisant seulement des produits animaux qui posent de nombreux problèmes, mais qui comblent une bonne part des carences. Il peut ne pas convenir à des personnes souffrant de difficultés pour digérer certaines protéines (condition très courante, vu les effets des régimes seignalet et paléo sur ceux qui les testent).

Les mythes anti viande

"les protéines animales sont acidifiantes"

C'est un terme vide de sens. Ceux qui l'affirment se réfèrent au PRAL, un calcul inventé pour accuser les protéines. En réalité les protéines participent à la bonne régulation du pH, elles sont alcalinisantes pour un milieu trop acide.
 

"les protéines sont mauvaises pour les reins"

Il n'y a aucune justification concrète à ce mythe, seulement une interprétation vaseuse de conseils pour les insuffisants rénaux. Des reins très malades ont certes du mal à gérer les protéines, juste comme l'eau et absolument tout ce qu'ils sont prévus pour gérer!

Les acides aminés (AA) composant les protéines sont la base même de tout être vivant. Nous sommes faits d'eau et d'AA avant tout (Eau 61,6 Protéines 17 Lipides 13,8 Sels minéraux 6,1 Glucides 1,5). Nos gènes ne font que guider l'assemblage des AA en protéines. C'est le nutriment le plus polyvalent : les AA servent de carburant, mais surtout de matériaux de construction de tout le corps, la structure fixe comme les "ouvriers" : enzymes, hormones etc.
Il y a des AA essentiels : vitaux et impossibles à fabriquer pour l'humain. Il faut donc les trouver dans la nourriture.
Les différentes protéines sont plus ou moins faciles à décomposer en AA et plus ou moins néfastes (neurotoxiques et favorisant l'auto-immunité) en cas d'hyper-perméabilité intestinale. 

Trop de protéines (d'où qu'elles viennent!) pourraient être néfastes :
- soit parce qu'on les assimile mal. Ce sont alors surtout des protéines végétales qui posent problème, les mieux assimilées étant celles du muscle! Dans le règne animal, ce sont surtout des protéines des laitages et oeufs qui passent mal, c’est une des raisons pour lesquelles le végétarisme ne me semble pas être un bon compromis.
- soit parce qu'on a très largement dépassé les besoins en certains acides aminés... d'où l'intérêt d'avoir des apports équilibrés... comme dans le muscle! Ces acides aminés excédentaires peuvent être utilisés comme carburant, un mauvais carburant qui laisse trop de déchets.
Et trop de protéines, ce n'est pas en dessous de la norme (80g, quantité qu'on trouve dans 300g de poulet, chaque jour), c'est très au dessus! Cette norme est le minimum et non le maximum... qui n'existe pas! (Anses : "L’apport maximal en protéines est difficile à déterminer en raison d’une grande tolérance apparente aux forts apports en  protéines et de l’absence d’élément convaincant concernant le risque métabolique.")
Quelle quantité faut-il? Si je devais croire qu'elqu'un sur cette question, ce serait Jérémy.
Certaines failles génétiques peuvent diminuer la tolérance, mais il y a aussi des cas qui nécessitent un apport accru en protéines (alors utilisées comme matière première de construction et non comme carburant, donc sans inconvénients si elles sont bien assimilées).
Enfin, pour ce qui est des acides aminés soufrés, ils sont spécialement utiles en cas d'intoxication aux métaux toxiques... ce qui est fréquent dans le monde d'aujourd'hui!
 

"l'animal provoque de la putréfaction dans le colon"

Faux, sauf en cas de malabsorption ou stagnation anormale (qui gènent tout autant avec des végétaux et leur fermentation excessive). Les résidus animaux dans le colon n'ont pas été avalés, ce sont nos propres cellules par desquamation de l'intestin et les microbes morts du microbiote intestinal.
 

"certaines études montrent une meilleure santé des végétariens"

Vrai, mais d'autres montrent que les végétariens sont plus malades que la population générale, ça ne prouve rien.
Si on rentre dans le détail on voit qu'aucune de ces études n'est réellement concluante, ni pour, ni contre le végétarisme.
 

"l'industrie de la viande influence les études"

Possible. Mais l'industrie de la céréale aussi, et il est sacrément plus rentable de vendre des steaks de soja que des steaks de boeuf! Et les grandes industries n'ont pas peur de se reconvertir.
 

"le végétalisme protège des maladies cardio vasculaires"

Basée sur le mythe du méchant cholestérol, cette affirmation n’a aucune preuve.

J'ai décortiqué une étude qui donnait cette conclusion. Il s'agissait d'indiens, dont la longue tradition végétarienne a eu un impact génétique démontré et qui ne manquent jamais de soleil. On ne mesurait pas les maladies mais des indices tels que le cholestérol (un lipide vital). Et surtout on comparait des omnivores qui fument et boivent de l’alcool à des végétariens qui ne fument pas et ne boivent pas d'alcool... Aucune valeur.
C'est ainsi que des études totalement biaisées disent n'importe quoi et sont reprises en coeur par des vegans qui ne retiennent que ce qui va dans leur sens...
 

"la consommation de viande favorise le cancer"

Faux, rien ne permet de le penser!
En réalité c'est la viande transformée uniquement, qui favorise le cancer colorectal (et lui seul) selon l'OMS.
La viande rouge dans laquelle on inclue le porc (une viande franchement pas très rouge, extrêmement carencée car le porc est un omnivore qu'on ne nourrit que de céréales, et le plus souvent consommée sous forme transformée) est un "probable" facteur de risque du cancer colorectal : l'OMS a justement remarqué qu'on ne peut pas affirmer que la viande est responsable, étant donné qu'elle s'accompagne souvent d'additifs dont la toxicité est largement démontrée.
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Benjamin Derouich a fait un super travail pour décortiquer les études : http://www.naturacoach.com/wp-content/uploads/Naturacoach_ViandeCancer.pdf
La viande transformée augmente le risque de cancer colorectal de 0.4%, tandis que le tabac augmente le risque de cancer du poumon de 2500%.
Raisons envisagées :
- les nitrosamines, inévitables dans les conservateurs du porc (nitrites), neutralisables si on mange beaucoup de verdure avec les viandes rouges sans conservateurs
- hémochromatose (excès de fer)
- la L cartinine transformée en TMAO si le microbiote est trop riche en pretovella, à cause d'une alimentation trop riche en céréales et produits transformés
- le neu5gc dont on ne connait l'effet cancérigène que chez des souris ogm, en très grande quantité
- la cuisson trop forte, dont on neutralise des effets délétères avec des crucifères ----------------------------------------------------------------------
J'ai lu l'unique étude sur le Neu5gc, elle n'a aucune valeur : on compare du neu5gc à on ne sait trop quoi au lieu de le comparer au neu5ac qui est son équivalent chez l'humain ; on cherche à expliquer un cancer du colon par un cancer du foie ; et on parle d'inflammation provoquée par le neu5gc alors qu'on met aussi les anticorps pour que ça marche!
Pour aller plus loin : Preuves de l'alimentation carnée de nos ancêtres https://www.facebook.com/groups/1788102954810766/permalink/1897454217208972/
Un vegan convaincu décortique une grande étude épidémiologique et explique comment le végétalisme sans précautions est mauvais : https://www.youtube.com/watch?v=q7KeRwdIH04
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Enfin, voici l'argument majeur qui invalide toutes les études qui sembleraient indiquer un effet positif du végétalisme :

Généralement dans les études épidémiologiques on compare le végétarisme à une consommation de viande ultra malade, celle qui est très largement majoritaire.
Les animaux en question sont élevés avec le minimum pour qu'ils survivent jusqu'à l'abattage... antibiotiques, adjuvants vaccinaux, alimentation inadaptée à l'espèce (dont les fameuses farines animales encore toutes récentes pour des herbivores!), compléments avec additifs toxiques, absence de soleil, carences immenses, stress intense toute la vie de l'animal, carence affective totale, immobilité, etc.
Sachant ça, puisque l'animal d'élevage industriel (qui est de très loin le plus courant) accumule toute sa vie des toxines dans sa chair, on devrait trouver dans toutes les études ou presque une amélioration très importante de la santé chez les végétaliens. Or ce n'est pas le cas : il n'est pas clairement meilleur d'être végétalien que de manger tous les jours une viande d'animal ultra malade. C'est bien qu'il y a quelque chose dans cette viande pourtant terrible qui rattrape tous ces inconvénients. Pas besoin de chercher bien loin : nous sommes omnivores!
Plus d'infos sur la qualité des produits animaux : https://www.facebook.com/groups/vivrepaleo/permalink/1947851162169277/ --------------------------------------------------------------------------------
Voyons maintenant les arguments pour consommer fréquemment des produits animaux de grande qualité :

Aucun mammifère n'est strictement végétalien, même les herbivores avalent de grandes quantités d'insectes. Les animaux les plus proches de l'humain génétiquement que sont le chimpanzé et le bonobo ne sont pas végétaliens, même s'ils consomment plus de végétaux que d'animaux. 
L'humain a toujours été un animal omnivore : nos ancêtres ont toujours consommé des végétaux et des animaux. Les humains installés de longue date dans des régions froides comme l'Europe mangeaient même plus d'animal que de végétal. Respecter les besoins spécifiques à l'espèce est la base de la santé!
On parle régulièrement d'humains qui mangeaient très peu d'animal, les australopithèques. En réalité ce n'était pas encore des humains, mais une autre espèce de la lignée homo. L'humain, homo sapiens, a environ 300 000 ans, tandis que l'australopithèque a disparu il y a 2,5 millions d'années.
La différenciation entre les singes et la lignée homo a justement été marquée par le partage des biotopes : les pré-singes se sont spécialisés dans la vie en forêt, tandis que les pré-humains se sont peu à peu spécialisés dans la savane où il n'y a à manger quasiment que de l'herbe pour les ruminants (qui ont un système digestif permettant de se nourrir d'herbe), et ces ruminants pour les autres.
 
Nous avons une anatomie d'omnivores
Les animaux les plus proches de l'humain du point de vue digestif sont omnivores, comme le sanglier dont l'alimentation est très variée.
Nous avons un intestin grêle long et un colon court qui limite les fermentations, un petit estomac adapté à une nourriture dense et très acide pour digérer des protéines, une vésicule biliaire pour digérer beaucoup de graisse.
Pas de panse de ruminant, pas de gésier de granivore. http://vitalitepaleo.com/un-peu-de-vraie-anatomie-comparee/

Nombre de militants vegans ou de végétariens convaincus finissent par reprendre des produits animaux et mettre en garde contre ce en quoi ils ont cru intensément, parce que leur santé en a pâti. Parmi eux certains avaient même bâti toute leur vie, professionnelle et relationnelle, autour de ce mode de vie. Certains mêmes deviennent les plus fervents défenseurs d'une alimentation totalement carivore, le zero carb, tant ils retrouvent la santé lorsqu'ils réintroduisent les produits animaux.
On trouve aussi des tas de témoignages de végétaliens de longue date qui s'en trouvent bien, me direz vous... Et alors? Il y a plein de gens qui vont très bien avec un régime pizza-bière-chips pendant des décennies.
Ce qui est pertinent, c'est quand la santé se dégrade ou s'améliore considérablement par l'action seule d'un régime alimentaire au long court.
Le végétalisme en cure, comme beaucoup de régimes carencés, a des effets positifs à court terme pour la plupart des gens, mais à long terme il fait souvent des ravages.
Exemple d'une ex militante végé qui a tout remis en cause en allant dans le détail : https://blogs.mediapart.fr/abdel-b/blog/180616/le-mythe-vegetarien, interview : https://www.youtube.com/watch?v=W_B-xk4-HOI
 

Certains acides aminés essentiels ne sont pas en quantité suffisante dans les végétaux, sauf dans ceux qui nous réussissent le moins : céréales et légumineuses. Bien sûr certains s'en sortent bien avec moins de ces AA, mais pas mieux. D'ailleurs nombre de malades chroniques sont améliorées par la prise de certains acides aminés, de la ration de protéines ou la prise d'aliments protéolytiques pour en faciliter l'assimilation.

Les plantes constituant la base de l'alimentation végétalienne sont presque toutes extrêmement différentes des plantes sauvages, seuls végétaux dont l'espèce humaine a pu se nourrir jusqu'à récemment. Les animaux d'élevage ont aussi été modifiés par l'action humaine, mais ils supportent beaucoup moins de modification.
 
Les produits animaux sont les meilleures sources de la plupart des vitamines et minéraux. Seules 3 des 13 vitamines rendent nécessaire la consommation de feuilles vertes et baies : B9, C, E.
 
Les protéines et le fer sont plus biodisponibles lorsqu'ils viennent de sources animales que végétales.

La vitamine A ne se trouve que dans les produits animaux et le bêta carotène des plantes n'est pas suffisamment  transformé en vitamine A.
 
La vitamine B12 est synthétisée uniquement par des bactéries. Chez l'humain, sa production ne se fait que dans une partie du colon qui n'absorbe pas de nutriments. Il faudrait manger nos propres excréments, comme le lapin qui fabrique des crottes exprès ou le chien quand il est carencé, pour en profiter. Certains vegans disent que le bétail ne produit pas non plus sa B12, c'est faux : là encore, c'est uniquement la viande de très mauvaise qualité qui est concernée. Les vaches ont un système digestif particulier, véritable usine à fermentation, et produisent plein de B12 dans un contexte naturel.

En hiver dans le Nord, la vitamine D3 qu'on ne peut plus produire est apportée par la consommation d'animaux.
Seuls les animaux et algues fournissent des acides gras omega 3 : EPA et DHA. Leurs précurseurs végétaux sont très mal transformés. Il faut 175g de poisson gras sauvage par semaine, ou 250 mg d'EPA et 250 mg de DHA issus d'algues.
 
En conclusion,
- Le végétalisme n'a aucun intérêt pour la santé, c'est un régime hautement carencé. 
- La médiocre qualité des produits animaux pose un réel problème de santé publique, qui peut être contourné par le choix de produits animaux labellisés ou par un végétalisme bien compensé... les deux méthodes ayant un coût élevé.

Il est malhonnête et dangereux de recommander un régime végétalien sans détailler les compensations nécessaires. J'ai évoqué ici certains nutriments mais je n'ai pas fait tout le tour!
Il serait bien plus judicieux de sensibiliser sur la qualité de la viande pour favoriser le bien-être de tous les animaux (y compris l'humain).

Pour qu'un régime végétalien soit meilleur pour la santé qu'un régime omnivore, il faudrait compenser systématiquement toutes les insuffisances de ce régime pour chaque acide aminé, chaque acide gras, chaque vitamine et chaque oligo-élement. Ce document identifie quelques nutriments à risque : https://www.societevegane.fr/wp-content/uploads/2017/03/Comment_A5.pdf Il comporte une grosse erreur : EPA et DHA sont à risque, tout le monde ne peut pas convertir suffisamment d'ALA. http://3heures48minutes.com/vegan-dha/ Il fait aussi l’impasse sur la vitamine A, qui n’est que dans les produits animaux et peut ne pas être suffisamment produite à partir de la pro-vitamine A des végétaux. Il ne détaille pas les acides aminés à risque... Bref, si quelqu’un a mieux, merci de l’indiquer en commentaire!


[Il s'agit là d'une considération de santé humaine individuelle, pas d'éthique ou d'écologie. L'éthique exige qu'on n'aille pas inventer des allégations santé ou culpabiliser les gens pour imposer une idéologie! Je supprimerai sur cette page tout commentaire faisant la moindre allusion à un aspect éthique ou écologique, car j'ai pu constater que le débat perdait énormément en qualité quand des participants croyaient répondre à un argument santé par un argument éthique ou l'inverse, et que c'était vraiment très courant sur ce sujet. Pour discuter d'éthique et d'écologie, c'est et pas ailleurs.]
 

Date de dernière mise à jour : 15/06/2018

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